Bd VOLTAIRE m’interviewe sur la relaxe prononcée en ma faveur.

Bd Voltaire : vous venez d’être relaxé par la 17e chambre du Tribunal Correctionnel de Paris. C’est pour vous la fin d’un long parcours judiciaire qui consacre le fait que vous ne soyez pas homophobe… Vous êtes soulagé ?

Soulagé est un euphémisme. La fréquentation des tribunaux est traumatisante. Les truands y sont habitués. Il y en a un certain nombre en politique dont j’ai pu observer que la condamnation ne mettait pas fin à la carrière et qui conservent même soutien et amitié jusqu’au plus haut niveau. J’ai au contraire été « lâché » par mon parti, et habituellement maltraité par les médias alors que je n’ai, au bout de neuf ans d’attaques incessantes et d’ actions en justice, jamais été condamné. J’ai pourtant eu droit aux épithètes de récidiviste, sulfureux, et même négationniste. Cette campagne disproportionnée et injustifiée m’a fait perdre mon mandat de député tandis que le Parquet de Paris lançait une procédure à mon encontre. La relaxe d’hier qui prouve l’indépendance des magistrats du siège établit qu’elle n’avait pas de fondement. J’ai très peu évoqué la question de l’homosexualité dans mon travail parlementaire. Ma position est claire : je n’ai aucune aversion pour les personnes. J’ai commencé mes activités politiques par la culture. Il paraît évident que cette particularité d’attirance sexuelle y est assez présente et qu’on peut même y voir parfois un lien avec la créativité. Toutefois, intellectuellement, je me refuse à y voir une identité. Ce comportement offre une grande diversité et ne peut résumer la richessse d’une personne. De même, je considère que parler d’une communauté est un abus de langage. Il y a un lobby revendicatif et parfois activiste qui ne représente nullement toutes les personnes qui se croient « homosexuelles ». Par ailleurs, je dénie toute valeur au concept d’homophobie, qui appartient au vocabulaire orwellien des inquisiteurs et des censeurs. La « peur pathologique du même » qui est le véritable sens de ce mot n’a aucun rapport avec ce qu’on lui fait dire. S’il signifie la haine irraisonnée des homosexuels, la relaxe d’hier démontre qu’elle ne me concerne en rien. Politiquement, je considère qu’il ne doit pas y avoir de reconnaissance sociale de l’homosexualité parce que cette particularité de la vie intime se situe dans la sphère privée et ne concerne pas l’intérêt public.

Bd Voltaire : Déjà, dans « M… au lobby gay », paru l’an dernier aux éditions Mordicus, vous dénonciez un acharnement de ce lobby à votre encontre. Il est si puissant que cela ?

La démocratie se réduit dans notre pays comme une peau de chagrin. L’une des raisons en est le poids des lobbys dans les milieux politiques, au plus haut niveau, et qui parviennent à dévier les décisions politiques au profit de leurs intérêts particuliers. L’un des plus puissants et des plus actifs est le lobby homosexuel très présent dans le monde des médias, de la politique et de la culture. Or notre société est aujourd’hui dominée par la communication, ce qui explique la puissance sidérante de ce lobby. Depuis 2004, il m’a poursuivi à l’intérieur même de mon propre parti pour deux minutes d’intervention à l’Assemblée. Qu’un groupe de pression puisse « casser » un parlementaire pour s’être exprimé dans l’hémicycle donne une idée de son influence. J’avais tenté de démontrer le caractère démesuré de celle-ci en soulignant que le lobby était parvenu à faire croire à une déportation massive des homosexuels en France durant la dernière guerre. J’avais rappelé les faits incontestables. Malheureusement je n’avais pas prévu que la désinformation avait tellement atteint son objectif que je me serais retrouvé accusé de négationnisme, injurié par mon propre camp et même rejeté par le Président-candidat Sarkozy annonçant sa candidature sur TF1. J’avais évidemment raison sur les faits et plus encore sur le procédé : la victimisation et la diabolisation des opposants permettent la justification des revendications. Si la mémoire des victimes de la répression en Allemagne doit être respectée, on ne doit pas accepter moralement la tentative de faire croire qu’ailleurs les homosexuels étaient traités comme les Juifs. Il n’en est rien. M. au Lobby Gay n’est pas du tout un livre contre les homosexuels. C’est un SOS pour notre démocratie.

Bd Voltaire : Aujourd’hui, vous demandez des excuses publiques à M. Copé. C’est lui le responsable de votre éviction de l’UMP ?

J’ai adhéré au RPR dès sa création. J’étais favorable à la création de l’UMP. Gaulliste, conservateur d’inspiration catholique, libéral en économie, je m’y sentais à l’aise. Sauf que ce « parti » est devenu une firme sur le marché politique, qui veut des places, qui satisfait des ambitions, mais est totalement dépourvue d’idées et de valeurs. Il faut simplement les « bons » candidats quand il faut, là où il faut, prêts à se plier aux idées à la mode et aux désirs des lobbys locaux ou nationaux. Mon divorce avec ce que Fillon a qualifié de « mafia » a été progressif à mesure que je ne voyais mise en oeuvre aucune des réformes nécessaires que l’on sacrifiait aux signaux médiatiques : la taxe carbone plutôt que la TVA sociale, par exemple. Lorsque Copé m’a retiré un rapport sur une question culturelle qui me passionnait pour le confier à un collègue qui a fait son coming out, la rupture s’est produite violemment et cet homme assoiffé de pouvoir et vindicatif me l’a fait payer. Je demande aujourd’hui réparation.

Bd Voltaire : Dans le fond, n’êtes-vous pas aujourd’hui plus libre et plus en accord avec votre pensée que lorsque vous apparteniez à l’UMP ?

Le fait de ne plus être membre de l’UMP, mais président d’un parti, le RPF me donne une totale liberté de parole. Le taux d’abstention aux municipales a été important. Si les électeurs connaissaient de plus près le monde politique, ils s’abstiendraient davantage encore. Les parlementaires ont très peu de pouvoir. Toutefois, le bipartisme, renforcé, qu’on le veuille ou non, par les résultats des Municipales, fait qu’il est difficile d’être entendu lorsqu’on n’est plus parlementaire d’un grand parti. Si le système actuel perdure, le pays va continuer à subir un déclin que les Français sont toujours plus nombreux à percevoir. Ma liberté consiste aujourd’hui à remettre en cause ce système.